La parole est à l'accusation

L'an deux mille dix,
Le 8 novembre à dix-sept heures.

Nous, accusateurs
en fonction

Combattant pour le retour d'un genre humain moins dépravé,
Étant au service
Poursuivant l'enquête en matière de flagrance humaine,
Avons mandé et constatons que se présente à nous :

« L'écologie »

L'écologie est devenue un véritable effet de mode, une tendance super-trend consumériste dénaturant complètement l'idée originale.

Brisons les usages, commençons ce réquisitoire par un sondage. Allumez un quelconque média, lancez le chronomètre. Stoppez le décompte sur l'un des mots clés suivants : « perte de diversité », « réchauffement climatique », « extinction », « couche d'ozone », « pollution », « effet de serre », « cancérigène ». Vous avez tenu plus de cinq minutes ? Impossible, ou alors vous êtes tombés sur la pub.

Convaincus ? On n'échappe pas au problème. Pire encore ; contester ou signaler l'omniprésence écologique vous attirera des regards réprobateurs au mieux, des remarques ouvertement désobligeantes (« tu n'as pas de cœur ? Et les ours polaires alors ? ») au pire.

Et puisque c'est la mode, on ressert le sujet à toutes les sauces.
Sécheresse ? La faute au réchauffement climatique.
Ouragan ? La faute au réchauffement climatique.
Inondation ? La faute au réchauffement climatique.
Feu de forêt ? La faute au réchauffement climatique.
Tout est prétexte à l'écologie, quitte à oublier qu'il y avait des inondations avant l'apparition de l'homme. Qu'un mini âge glaciaire a eu lieu au Moyen Âge. Que les feux de forêt font partie d'un cycle naturel. Que déjà à l'époque romaine, on s'inquiétait de la surpopulation d'une terre qui n'hébergeait alors que deux cents millions d'habitants[].

Certes, ces arguments n'exonèrent pas l'humanité. Mais profitant de la vague, les publicitaires s'y sont mis aussi ; le bio/naturel est devenu un argument de vente : je refourgue mon PC à coque en bambou[] « pour supporter les pandas », je vends du bio au prix d'un rein humain « garanti sans pesticides et véreux », du PQ recyclé[] trois fois plus fin « torchez-vous avec la main, c'est plus naturel ».

Si vous cédez aux sirènes du hype et du must have, vous découvrirez rapidement qu'il s'agit d'un hobby de riche. Votre PC sera plus cher qu'un autre « non bio » (sic) à configuration identique (« oui mais 10 % sont reversés au fond de protection des castors tchétchènes » – association à but lucratif ne détournant pas plus de 80 % des fonds versés, officiellement tout du moins. Le papier toilette est peut-être recyclé, mais son prix est multiplié par deux et en plus il est moins doux pour le fondement. Le bio (viande et légumes) réussit l'exploit capitaliste insensé de vendre deux fois plus cher un produit dégueulasse d'aspect et sans goût.

Souvent, l'écolo-wave pousse à des contradictions : j'achète un boîtier qui éteint la lumière automatiquement pour sauver la planète et les baleines. Mais au prix de l'électricité, ledit boîtier ne sera jamais rentabilisé et son impact sur la planète (capteurs infrarouges) largement supérieur à celui d'un bête interrupteur. Bref, un business model rempli d'incohérences mais qui garde le vent en poupe.

Le grand public (pour ne pas mentionner l'élusif français moyen) ne semble pas gêné outre mesure par ces contorsions publicitaires, et se ligue comme un seul homme contre la première personne qui ose émettre une critique. Reposant effet grégaire, qui lobotomise chacun de ses membres pour leur donner l'illusion du bien fondé. Remettre en cause ce bastion inexpugnable, c'est s'exposer aux pires ignominies et se vouer aux gémonies. Le peu de personnes qui osent briser la barrière de l'écologiquement correct se voient étiquetés du surnom d'écolo-sceptiques, roulés dans la boue et traînés dans la poussière pour leurs idées démagogues et soi-disant misanthropes.

Cet état d'esprit, qui empêche une sortie du problème « par le haut », finit par fermenter et s'enfoncer, amenant certaines associations plus ou moins extrémistes[] à prôner un retour à l'obscurantisme et un abandon des technologies de pointe avant la fin de leur période d'essai.
Vous pensez que je me laisse emporter par ma verve dans un délire lyrique ? Laissez-moi me justifier.

Prenons le parangon des empêcheurs de polluer en rond, l'exemple paradigmatique du misonéiste qui n'y comprend rien : j'ai nommé Greenpeace, « la paix verte », multinationale aux 145 millions de dollars et 5 millions d'adhérents. Reprenant les idées romaines – si vis pacem… –, Greenpeace fait la guerre à tout le monde dans l'espoir d'un hypothétique retour en arrière qui ramènerait l'homme à sa basse condition de tailleur de silex et la Terre à son rôle de Gaïa bienveillante réduite à une forêt de Brocéliande géante. J'abuse ? C'est pourtant la raison invoquée par son ancien dirigeant norvégien pour justifier de sa démission, désabusé quant à cette massive campagne de propagande : véritable guerre sainte qui place l'inquisition au rang d'œuvre de charité et qui ne peut qu'énerver toute personne disposant d'un minimum de sens critique.

Examinons les deux chevaux de bataille les plus médiatisés par notre « paix verte », le nucléaire et les baleines.

Le nucléaire tout d'abord. Nous avons tous en mémoire ces images de détenus volontaires qui n'ont rien de mieux à faire de leurs journées que de se menotter sur des rails pour empêcher le passage d'un fourgon de déchets nucléaires[]. Comportement idiot, et ce à tous les points de vue :

  • Dangereux
  • Illégal : perturbe l'exploitation du réseau
  • Pollueur : en plus des déchets de menottes (ils sont de mauvaise foi, je suis de mauvaise foi), c'est aussi le convoi tout entier qui est irradié pour de longues heures de plus que nécessaire
  • Irresponsable : expose plus longtemps chauffeurs et techniciens
  • Coûteux : nécessite l'intervention des forces de l'ordre pour déloger les guerriers fascistes verts.
  • Inutile : de toute façon, ce déchets sont là et ne disparaîtront pas devant leur « juste courroux ». Et tôt ou tard, ils arriveront dans l'entrepôt qui leur est destiné… à moins que les militant n'aient prévu de les manger. Auquel cas j'ai raté le département « suicide collectif » lors de ma visite de Greenpeace.

Que dire de plus devant tant d'idioties ? Une action inutile qui n'apporte rien au schmilblick.

Les baleines ensuite. Encore une fois, je ne m'avance pas trop en supposant que l'image d'Épinal du gentil écologiste qui s'interpose entre la jolie baleine et le méchant harponneur japonais[] se présente dans l'esprit de toute personne ayant eu accès aux médias dans sa jeunesse. (Ou plus récemment, des méchants baleiniers qui cassent le joli jouet de Greenpeace à un million et demi d'euros[])
Ce comportement est tellement idiot et immature que je ne sais par où commencer. Immature, parce que ce n'est que de la poudre aux yeux : s'ils ont choisi la baleine, ce n'est pas cétacéphilie, mais parce que la cause est médiatique[] et l'animal énorme. Des espèces disparaissent tout le temps, et même chez Greenpeace on s'en fout : ce qui compte ce n'est pas le résultat, juste la joie de passer à la télé et de se faire un peu de pub. La preuve ?

It does not matter what is true, it only matters what people believe is true.

— Dr. Patrick Moore, President of Greenpeace Canada

Peu importe que des espèces d'insecte disparaissent par milliers : mieux vaut sauver une baleine et se faire plein de pub pour récupérer de nouveaux idiots qui voudront bien payer pour financer le salaire des cadres dirigeants. Oui, c'est bête et idiot, mais chez Greenpeace non plus on n'en est pas à une incohérence près[]. (Si vous saviez la quantité de courrier qu'ils envoient à leurs adhérents ! Un véritable scandale écologique. Et si vous saviez les procès actuels qu'ont les dirigeants contre eux pour faux[], fraude financière, collaboration avec des mouvements terroristes[], corruption active de fonctionnaires[] : à ce propos, j'encourage les jurés à consulter l'excellent documentaire danois la cassure de l'arc-en-ciel. ) Mais que voulez-vous, le capitalisme a des appâts auquel les gens ne savent pas résister… et quand on voit la masse énorme de « militants Greenpeace », on se dit qu'il y a effectivement là un fond de lobotomisés à exploiter[].

On pourrait continuer longtemps sur les actions de Greenpeace : le thon rouge[], la bataille contre le PVC (fort heureusement terminée par la cour commerciale de Vienne jugeant que Greenpeace portait des affirmations dénuées de fondement et ignorant délibérément la réalité. [...] [On ne peut] justifier de publier des contrevérités sur un matériau synthétique en utilisant des slogans subjectifs, car dans ce cas il ne s'agit pas d'expliquer, mais bien plutôt de semer la confusion et de répandre la peur. .

Réfléchissez-y : toutes ces actions ont un coût. Planification, locaux, matériels, rémunération, pots de vin… d'où vient tout cet argent ? Greenpeace est peu loquace sur le sujet (au moins aussi loquace que les candidats à la présidentielle américaine), mais on peut effectivement supputer que les dons représentent une bonne partie du pactole. Ces dons qui sont extorqués par des publicités coup de poing réussissant l'exploit de choquer plus encore l'opinion publique qu'un spot de sécurité routière… Le problème, c'est que cette médiatisation coûte cher : une fois appâté, en admettant que vous donniez 10€ par mois (10€ de trop), il faudra près d'un an pour amortir votre enrôlement. Alors que vous croyez contribuer au développement de Gaïa, vous ne faites que financer d'autres campagnes pour abrutir vos concitoyens qui n'ont pas encore craqués de honte en voyant ce pauvre chimpanzé se faire écraser par le bulldozer du méchant déforêsteur[]. Des spots dont le budget peut monter à 1,4 millions de dollars et qui nécessitent une préparation et une mise en scène : on a fait souffrir inutilement les animaux pendant le tournage. Tout ceci me rappelle les films de propagande nazis (Castern Fledelius). Sans parler d'un film de propagande australien où Greenpeace avait payé deux hommes pour jouer le rôle des chasseurs…
Ajoutez à cela que Greenpeace bascule fréquemment dans l'illégal (mais l'« association » s'engage à protéger et défendre tout activiste poursuivi pour ses actions au sein du mouvement, une incitation au crime que je n'hésite pas à qualifier d'inadmissible) :

Le droit de l'environnement est encore balbutiant. Cela signifie que l'association peut devoir agir dans une certaine illégalité. Lorsque les valeurs écologiques à défendre sont évidentes, l'entorse à la loi est alors légitime. Car elle est nécessaire pour faire cesser une aggression (sic) violente contre l'environnement.

— Greenpeace Magazine

Vous comprendrez ainsi pourquoi certains gouvernements se voient contraints de prendre des mesures anti-GP[]. Mesures de répressions qui font d'ailleurs la joie de la secte, qui trouve ici un excellent prétexte pour surmédiatiser ses bas-coups en se posant en martyre de la société législative et bureaucrate. Ou une excuse pour se faire passer pour une force gouvernementale dûment mandatée[] ; une action qu'ils considèrent comme une légitimité écologique.

Continuons de parler de Greenpeace, qui est tout de même assez emblématique de toute cette mouvance verte écolo-bobo. En plus des actions inutiles citées plus haut, GP décide aussi de refuser en bloc toute innovation : pour reprendre l'analogie faite par Claude Allègre (aux pratiques lui aussi discutables, certes), Greenpeace prône une marche arrière technologique jusqu'à l'âge de pierre (et pour nier le fondement même de la science, elle se base sur… des théories scientifiques ! ), oubliant que notre société moderne a l'avantage par rapport aux précédentes d'avoir conscience du problème, qu'il soit réel ou non, tandis qu'Allègre propose de continuer à utiliser les technologies existantes pour résoudre les problèmes. Un comportement bien moins puéril que de dire « j'efface tout et on recommence », mais qui ne correspond pas à l'idéologie de la secte pour laquelle l'homme est un cancer pour la planète :

Les systèmes de valeurs humanistes doivent être remplacés par des valeurs suprahumanistes qui placent toute vie végétale et animale dans la sphère de la prise en considération légale et morale. Et à la longue, que cela plaise ou non à tel ou tel, il faudra bien recourir le cas échéant à la force pour lutter contre ceux qui continuent à détériorer l'environnement.

— Chroniques (magazine de Greenpeace)

Je me permets de ne pas répondre personnellement à de telles inepties pour simplement citer ce magazine :

À la raison humaine, les militants de Greenpeace veulent substituer un culte fanatique voué à la nature dont ils seraient les gardiens. Cette soumission de l'homme au règne biologique, prôné par Greenpeace, fait tristement penser aux pires idéologies, celles de l'identification au sol, au sang et à la race. []

— Fusion, no51

Votre Honneur, permettez-moi de conclure. L'assemblée aura pu constater que ce réquisitoire ne critique pas l'idée de base de l'écologie ; mais la façon catastrophiste (et catastrophique) dont le phénomène a dévié : d'un fait relativement scientifique (et encore, même maintenant on se rend compte, tel Socrate, que l'on ne sait rien), nous sommes passés au pamphlet social (repentez-vous, pécheurs) au dogme sociétaire (la pollution, c'est mal), et enfin en moyen facile de faire de l'audimat et du marketing. Une chaîne événements révulsante.


Acte d'accusation :
L'écologie



La parole est à la défense

L'an
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Le 22 février à vingt-deux heures.

Nous, accusateurs
en fonction

Combattant pour le retour d'un genre humain moins dépravé,
Étant au service
Poursuivant l'enquête en matière de flagrance humaine,
Avons mandé et constatons que se présente à nous :

« L'écologie »

Envie de réagir à ce procès verbal ? Exprimez votre haine face à cette opinion ex cathedra !

(Note ajoutée au dossier en deux mille dix, le 11 novembre à vingt et une heures par Cedric)

Je suis complètement d'accord avec cet article.

Je ne suis pas contre l'écologie, il en faut même surement un peu. Mais pas de l'écologie comme maintenant. Comme il est précisé dans l'article, c'est actuellement du vrai n'importe quoi.

Je tiens aussi à faire remarquer comment l'écologie a bon dos : l'argument écologique pour éviter au banques d'envoyer plusieurs relevé par mois. Autant dire que cela coute moins cher en timbres et en papier et que, au final, la banque limite ses dépenses…

Nous vivons dans un monde qui dérive dans le mauvais sens.

Crachez votre fiel



Remarques et commentaires, addendums du dossier :